L’Albaron (3637m)

Fête nationale ou pas nos deux Philippes ont emmenés Julie, Julien, Jean, Alain, Rémy et votre rédacteur Ludovic au sommet de ce beau sommet de la Vanoise qui flirte avec la frontière Italienne. N’oublions pas Brigitte qui nous a accompagnés jusqu’au refuge des Evettes (2590m). La montée depuis l’improbable et quasi invisible village de l’Ecot est plutôt agréable et l’on y croise pas mal de randonneurs bien inspirés de profiter de la beauté des lieux. Le refuge s’offre à nous, très accueillant avec une large terrasse parfaitement orientée. En savourant la bière bien méritée nous décryptons l’itinéraire du lendemain. Le premier constat et qu’il va falloir commencer à descendre environ 100 m avant de remonter les 1100 m de dénivelés qui nous séparent du sommet. A cette altitude modeste tout le monde fait le calcul mais les sommets de la petite et de la grande Ciamarella et évidemment celui de l’Albaron, notre cible, nous font oublier l’arithmétique. Il fait chaud. Le houblon rafraichit l’intérieur mais certains d’entre nous sont appelés par un gourd de montagne aussi frais que beau et ne résistent pas à y plonger dans le plus simple appareil. Jean et Julien emportent alors l’admiration collective et ajoutent à l’ambiance relax de l’endroit une belle anecdote. Le tout nous met en appétit et nous apprécions le bon repas traditionnel des refuges de montagne (sans Tofu cette fois ci).
14 Juillet 2013, 04h00. Nous sommes partis depuis peu pour tenter le sommet. A la lumière de nos frontales. Philippe nous guide à travers on ne sait quoi en direction du glacier des Evettes. Il semble suivre une courbe de niveau et ainsi éviter la plongée vers les autres cordées dont nous apercevons les frontales en contrebas. Merci Philippe. Nous cramponnons et attaquons l’ascension vers le plateau supérieur en empruntant un itinéraire connu en dernière minute la veille au soir. Nous grimpons dans quelques couloirs entre les rochers. Le jour se lève. Nous poursuivons en zig zag jusqu’à la selle de l’Albaron quelques 400 m plus haut. Le soleil chauffe. Le souffle devient plus court. Les pas s’enchainent. On est au paradis, ou tout proche. De là on aperçoit le sommet et entre nous une série de superbes arêtes. Sur notre gauche la petite Ciamarella que deux cordées attaquent tout droit et la muraille des Italiens toute en dentelle. Nous entreprenons les arêtes par morceaux tantôt de roche, tantôt de glace. Nous finissons par mettre les mains pour quelques pas de 3 ou 4. Un vrai bonheur avec une vue splendide. Le sommet est si proche que nous ne le voyons plus. Il est là. Juste derrière. A non encore après. Là ! Ah non, encore un peu. Cette partie de cache-cache prend fin et le pointu attendu s’avère être un joli petit replat. Mais comme même les plats ont un relief nous cherchons le culminant et prenons en attendant tout le groupe une belle tranche de plaisir. La vue est exceptionnelle. Le Massif du Mont Blanc, La Lévana faite l’an dernier, Bellecôte, les Pichères grimpés 15 jours plus tôt, les nombreux sommets de la Vanoise dont seul Philippe connait le nom. Photos !
Assez profité. La descente s’engage plus ou moins rapidement. Plus ou moins par le bon itinéraire. Les cordées se séparent et l’une d’entre elle se plante sur un piton au dessus de hautes cascades. Mais l’ascension a laissé des traces et un Cafiste est blessé à une cheville. Entorse conclura t-on à l’hôpital dans la vallée. Nous les apercevons impuissants et comprenons qu’ils n’atteindront pas le refuge sans secours. Philippe dépose son sac et fonce jusqu’au refuge pour demander le soutien du PGMH. Admirables et admirés par les alpinistes et randonneurs présents au refuge, nos Gendarmes de garde en ce jour de fête nationale ne tardent pas à arriver, et, après quelques repérages et hésitations très angoissantes pour le reste de l’équipe, finissent par hisser nos camarades en difficulté. Nous respirons toutes et tous à nouveau ! Et tandis que l’un descend en hélico nous nous répartissons le contenu de son sac resté au refuge et regagnons le parking. S’en suit une visite de l’hôpital et une bonne bière pour marquer la fin des angoisses. Retour au bercail avec une magnifique course en tête et une conclusion unanime : Connaître ses limites et Toujours Rester Grouper.

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