Aiguille de Pierre André, nous voilà !

, par  Philippe Daragon, Pascal Surieux, Gauthier Giraud

Nous avons gardé une certaine amertume de n’avoir pas pu grimper sur ce beau sommet l’an passé
C’est désormais chose faite mais il aura fallu beaucoup de persévérance et de chance.

Départ samedi matin cinq heures trente malgré une météo capricieuse, notre petit groupe composé de 12 grimpeurs courageux (6 hommes et 6 femmes la parité) décide tout d’abord d’aller chercher le soleil en faisant un petit détour par le superbe site d’Orpierre.

Le choix fut judicieux de cette belle falaise car notre joli astre ne nous a pas quitté de la journée et nous avons pu nous chauffer sur le calcaire exigeant mais bien protégé.

Le soir place aux choses sérieuses ; direction notre hébergement le petit hameau de Maljasset du bout du monde ancré dans cette belle vallée de l’Ubaye. Un petit nid douillet rien que pour nous et un gardien aubergiste qui nous concocte ses petits plats, soupe aux épinards sauvages, crème de carottes au cumin et bien d’autres mets tous aussi succulents les uns que les autres.

Dimanche matin, les choses sérieuses commencent, départ pour l’aiguille Pierre André :
"Recouchez vous, y fait dégueu ! » c’est les premiers mots de la journée d’un personnage portant une veste perroquet, dont nous tairons l’identité… Voulant vérifier ces dires, nous nous tirons difficilement de notre lit, courbaturés de notre journée de la veille.
Finalement, un ciel bleu turquoise nous fait accélérer, nous nous jetons sur le petit déjeuner. En une heure, tout le monde est prêt pour la photo de départ, mais quelques questions nous hantent l’esprit.
Doit- on prendre les crampons ? Les raquettes ? Les piolets ? Comment ça va être là-haut ?
Ces incertitudes n’entachent pas notre motivation pour monter au pied de cette voie à plus de 2600 mètres.

700m... Facile !!! Mais non, il s’agit du dénivelé de la marche d’approche. Nous pensions mettre que deux heures, entre une grimpette vertigineuse à travers les névés, les touffes d’herbes et les cailloux. Bref, les chaussures d’alpi et crampons ne sont pas superflus. C’est finalement plus de trois heures qu’il nous faut pour atteindre le pied de cette aiguille. La neige fut belle et bien présente, rendant la marche d’approche bien moins débonnaire.

Pourtant le descriptif du topo précisait de courts lacets dans un long et raide versant Est jusqu’à un beau replat, sous la face Sud de l’aiguille.
Nous avons surtout vu le long et raide versant E totalement enneigé mais pas vraiment de lacet ni même de replat !

La pose repas est largement appréciée, le moment pour reprendre des forces et de réflexion pour la suite...
Une heure de retard sur notre programme avec une marche plus fatigante qu’imaginée et quelques voyants sont passés au rouge.

Nous décidons d’assurer « la croix du sommet » en laissant les « vieux boucs » et « les Marmottes Givrées » a une prochaine fois, ces voies pourtant tant convoitées et tant étudiées la veille au profit d’une variante en face Ouest, plus courte et plus aisée.

Mais, les efforts du matin n’entachent pas la motivation de deux nouvelles ouvreuses qui conquièrent ce sommet en seulement 1 heure de grimpe. Pour les plus costauds, cette voie a été grimpée en chaussures de montagnes avec tous les risques que ça comporte.
Une fois tout ce petit monde arrivé en haut, nous nous sommes tous regroupés au sommet pour la traditionnelle photo près de la croix.

La descente est plus rapide, avec une technique archaïque mais qui a le mérite de fonctionner. 
« Sur le cul, faut qu’ça glisse ».
C’est avec l’accueil de nos trois marcheuses que nous finissons la partie technique. Le chemin vers le gîte est avalé en deux temps trois mouvements et la bière ne tarde pas à humidifier les gorges arides.

Le lundi fut l’occasion de se délayer les bras sur le site du Pont Voûté en bordure de l’Ubaye. De biens belles voies de 35 m qui raviront tous et toutes, la boucle est bouclée !

Merci belle vallée de l’Ubaye, nous reviendrons probablement un jour.

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