Les Rouies

, par  Rémy Morel, Manon Defour

"L’alpiniste est un homme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont
regardé... "

Gaston Rébuffat

C’est peut-être cette célèbre citation qui a poussé Bruno G et Philippe D à amener les CAFistes de Montbrison au sommet des Rouies.
Le rendez-vous était pris, nous serons finalement huit à partir à l’aventure.

Du départ à 10h30 de la gare de Montbrison, quelques heures de route nous séparaient de la chapelle en Valgaudémar.
La pause casse croûte au bord du lac du Pétichet avait un air de vacances.
Enfin, vers 16h nous laissons les voitures sur le parking de l’hôtel du Gioberney.
C’est l’heure des dernières vérifications, crampons, chaussures, piolet... nous n’avons rien oublié !! C’est donc dans la bonne humeur que Alain, Julien, Bruno F, Florence, Phillipe, Bruno G, Rémy et Manon entament leur ascension vers le refuge du pigeonnier.
Le ciel se couvre, le temps se gâte, quelques gouttes de pluies nous rafraîchissent. Tant pis, nous sommes bien décidés et ce n’est pas une petite averse qui va nous embêter !

Après avoir traversé un joli névé et passé quelques lacets, nous découvrons le refuge encore cerné par la neige. Il paraît qu’en plein été, un petit lac se forme juste devant la terrasse. Un léger brouillard nous cache toutes les merveilles qui nous entourent. Chacun prend place dans le dortoir qui nous a été attribué. Les lits ont l’air confortables et laissent présager d’une bonne nuit de repos avant l’effort ! Nous commençons à préparer nos sacs pour le lendemain matin puis la joyeuse
bande s’attable dans une salle de restaurant spacieuse. La cuisine soignée des chefs du refuge viendra ravir les papilles de nos huit gourmets et apporter l’énergie nécessaire à la course du lendemain. Au menu : soupe de légumes avec conté rappé, sauté de porc accompagné de son riz pilaf et dessert maison : cake aux amandes et à la confiture de pissenlit.
Pour couronner ce bon repas, le brouillard commence à se dissiper légèrement pour nous laisser apercevoir notre objectif. Olivier, le gardien du refuge, nous annonce dans un discours original, que la météo serait bonne, qu’on aurait très certainement une mer de nuages dans la vallée et de superbes conditions pour gravir le sommet. Nous ne demandions rien de plus ! Justement, le ciel commence à se dégager pour laisser apparaître le sommet des Rouies, C’est donc autour d’un petit génépi maison que nous discutons de la journée à venir, les cordées étant faites, nous pouvons aller nous coucher sereinement.

« Il est 3h30, le ciel est clair, il est l’heure de se lever ! » le gardien vient de donner le top départ ! Nous avalons notre petit déjeuner et l’ambiance est déjà à la rigolade.
C’est sous un magnifique ciel étoilé que nous débutons la journée. Le gardien ne s’était pas trompé, la mer de nuage qu’il nous avais promis est là, flottant sur la vallée.
Le jour se lève doucement, les montagnes s’éclairent les unes après les autres, quel bonheur de profiter d’une journée entière en montagne !

Nous traversons quelques névés, la pente devient un peu plus raide, très vite nous allons enfiler les crampons et nous encorder. Nous découvrons alors, que le matériel à lui aussi besoin de
vacances... le mousqueton flambant neuf de Bruno G lui échappe des mains pour dévaler la pente à cent à l’heure ! Nous ne pouvons que suivre du regard cette petite forme rouge s’éloigner !
N’étant pas pressé, nous ne choisissons pas l’itinéraire le plus rapide mais préférons passer par un couloir qui débouche juste derrière le glacier, Bruno F nous facilite la monté en nous taillant de jolies marches.
Après avoir enjambé quelques rochers en crampons, nous arrivons sur le glacier. Une longue traversée nous attend avant l’ascension finale. La beauté du paysage est à couper le souffle. Alors que chaque cordée évolue à son rythme nous croisons deux papys qui entamaient la descente, avec l’air mal à l’aise qu’ils avaient, nous nous méfions d’eux et préférons ne pas nous attarder. C’est en croisant la deuxième cordée en bas de la pente qu’ils chutent, manquant de faire tomber nos cafistes.
Heureusement la glissade est sans gravité et nous rappelle juste à quel point il faut être prudent en montagne. Nous noterons tout de même l’âge de nos montagnards qui ont eu le courage de monter au sommet : 83 ans !!
Un mousqueton volant, des papys volants ; décidément, la montagnes donne des ailes !

Il est environ 9h30 lorsque les premiers du groupe foulent le sommet, quelques alpinistes sont là aussi. C’est un moment d’émotion partagé. Une première pour moi et sûrement pas une dernière ! C’était donc ça gravir un sommet !

La météo est toujours excellente, nous grignotons quelques graines en attendant nos
compagnons et en admirant le paysage. La barre des Écrins, la Meige, le mont blanc et tant d’autres sommets nous tendent les bras.
Tout le monde est là ; avant d’entamer la descente, une photo de groupe au sommet s’impose.
Le directeur du parc national des Écrins, qui emmenais une autre cordée, se proposera gentiment pour immortaliser ce moment.

Nous voilà reparti en direction du refuge où le pique nique nous attends. Quelques nuages viennent couvrir les sommets. Nous marchons tranquillement et il faut le dire, qu’est ce qu’on se marre !!
Nous prenons la même direction que notre mousqueton volant perdu tout à l’heure. Nous n’avons aucun espoir de le retrouver, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin ! Et là, miracle ! Bruno l’aperçois coincé contre un rocher dans un petit trou de neige.
Heureux, nous repartons pour terminer notre course. Nous enlevons les crampons pour les dernières pentes moins raides. Je ferais un peu attendre le groupe car je ne suis pas douée dans les descentes. Personne ne m’en voudra, j’aurai même le droit de revenir à la prochaine sortie !
Pique nique bien mérité sur la terrasse du refuge, petite bière... nous payons et partons rejoindre nos voitures.
Le voyage n’est pas fini, Bruno qui connaît bien les lieux nous fait découvrir le vallon du Gioberney. Magnifique ! Nous découvrons quelques fleurs comme les gentianes bleues et les orchidées sauvages. Quelques bouquetins et marmottes nous tiennent compagnie. Nous traversons une jolie forêt de mélèzes, cette fois , nous sommes redescendu en altitude.
Nous regagnons le parking et profitons de la rencontre de la gardienne du refuge pour faire une dernière photo.

On serais bien resté un peu plus mais tout le monde doit reprendre le travail le lendemain.
Nous nous arrêtons à la chapelle en Valgaudémar pour boire un coup « à ce beau week end ». Il est maintenant l’heure de quitter nos belles montagnes et d’affronter les bouchons de Grenoble !
C’est sûr, nous reviendrons.

Merci à tous pour ce beau week-end. C’était une expérience inoubliable et une belle première !

Mention spéciale pour Philippe D qui n’a finalement pas pu nous accompagner, merci à lui.

Manon